Patagonia

 

Le mot claque comme les tempêtes d’Amérique australe! le Commandeur de la caraque Victoria, Ferdinand De Magellan à croisé dans les eaux froides de Punta Arenas, pendant sa circumnavigation en 1520,  son esprit hante les lieux pour toujours.

L’Argentine et le Chili, offrent au voyageur un parfum du bout du monde, et c’est ce nouveau monde étrange et fascinant qui m’attire cette fois.

Mes compagnons sont sept, comme les mercenaires, durs à la peine, résiliants, courageux, c’est juste ce qu’il faut ici. Nous allons vivre quelque temps dans une vieille ferme, le confort est suffisant, Pat the Cat, et les deux Jacques, sont ravis,

L’objectif prioritaire est l’approche à pied et l’observation d’un grand félin envoûtant, “El Léon” comme on l’appelle ici, c’est le prince des Andes, chez nous c’est le puma, le cougar ou lion d’Amérique.

Les pampas Argentines et Chiliennes en accueillent un certain nombre et des gardes efficaces dans les réserves le protègent avec dévouement, je dirais qu’ils le maternent. Il est le trésor des Andes! me glisse le pisteur. 

Autour de ce félin un grand nombre d’espèces, oiseaux et mammifères sont bien présents, parfois difficiles à voir, mais jamais craintifs, Christian D s’émerveille en permanence, longue vue et jumelles sont ses armes préférées.

Nous parcourons inlassablement les chemins et sentier de randonnées, cela ressemble bien plus à un treck d’ailleurs, une vingtaine de km à pieds sont parcourus tous les jours, parfois plus, et souvent le mauvais temps nous gâte.

C’est comme ça ici! sourit malicieusement le guide, “c’est un pays rude et dur comme ses habitants et c’est très bien!”

Un renard gris nous souhaite la bienvenue, très bel animal en vérité, il piste ses rongeurs puis disparait derrière quelques touffes de calafates.

Un condor nous surprend parfois, le grand oiseau se joue des vents violents, mais c’est plutôt rassurant, les restes de guanaco réussissent plutôt bien au roi des airs.

Albert G notre talentueux spoteur scanne à nouveau chaque parcelle de la pampa, et comme d’habitude découvre notre charismatique félin qui semblait nous attendre couché sur un roc taillé sur mesure dans un décor de rêve. 

Quel classe “El Léon”, tu nous fais vibrer! quelle majesté se dégage du terrible chat dans son écrin de rocs et de montagnes, une longue observation à l’abri d’une corniche nous réjouis le coeur.

Jacques P dont l’enthousiasme est permanent, court en permanence et s’émerveille à chaque instant, véritable encyclopédie et ornitho de première il nous entraine dans une danse incessante autour des oiseaux.

Toute les couleurs de l’arc en ciel se retrouvent dans les oiseaux qui nous entourent!

Un petit lutin aux yeux d’or nous appelle sans relâche, la chevêche australe est un bijoux dans l’écrin d’or de l’automne des Andes.

Ici ce sont des paysages particuliers, ces pics sont pudiques, ils se découvrent rarement à cette saison, mais quand c’est le cas ils vous mettent à genoux. Le créateur à bien fait les choses, la majesté des différents sites parcourus n’est rendu qu’imparfaitement par les images pourtant faites avec passion. Ces moments il faut vraiment les vivre, les sentir, se laisser envouter.

Une partie du voyage nous a révélé un monde particulier, le glacier Périto Moreno règne en maitre dans le parc national de Los Glaciares.

Ici nous sommes accueillis par des déflagrations, des coups de canon! les montagnes de glaces vivent, bougent, se fissurent puis éclatent dans un bruit de tonnerre et des gerbes de glace qui viennent mourir dans l’immensité du lac, sculptent les icebergs aux formes et couleurs irréelles, ces mouvements déclenchent des vagues immenses qui ont fait beaucoup de victimes. Il faut rester sur nos gardes, l’homme est bien petit ici.

Le Cerro Chalten ou Fitz Roy, sommet d’anthologie, et sa garde rapprochée, les pics mythiques d’Amérique du Sud baptisés par les noms de légende des grands aviateurs français de la grande épopée les Poincenot, St Exupéry, Mermoz, Guillaumet vont nous accueillir les prochains jours.

 

C’est magnifique là aussi, la neige est tombée et tombe encore, les sentiers parcourus dans une forêt primaire nous fascinent, l’or des dernières feuilles d’automne se mêlent aux troncs d’altitudes tourmentés et enneigés, un monde parfait. Les camps de base Poincenot, puis celui d’Agostini nous attendent.

Jour après jour les dures pentes sont avalées, nous parcourons entre 18 et 25 kms chargés d’une vingtaine de kilos de matériel et de vivres, mais ça vaut la peine, vraiment!

Pendant les courtes pauses nous scrutons en permanence les voiles de nuages qui découvrent les sommets mythiques qui nous entourent, les passereaux sont présents malgré la rigueur du climat, le caracara des montagnes nous surprend, quelle noblesse! son cousin des plaines parait bien terne.

Soudain un vacarme incroyable trouble le grand silence de la nuit tombante, c’est un couple princier! mais comment qualifier autrement le grand pic de Magellan? quelle prestance et quelle force se dégage du grand oiseau, les copeaux volent partout.  

Les oiseaux se laissent photographier à la lampe frontale, merci Vincent et Lupine. Nous finirons le trek à la lampe, merci à Alice pour la patience mise à rude épreuve maintenant.

La route du retour sera longue avec notre 4X4 de location, la pampa est infinie, nous parcourons un territoire sauvage, aucun village, mais une surprise: “La Léona” une facenda qui a servi de refuge à Butch Cassidy, pilleur de banque et hors la loi.

Un peu après comme un signe céleste, de fiers gauchos nous toisent sur leur fougueuses montures, ils filent parfois comme le vent, libres et heureux un sourire les illumine en permanence.

Une belle aventure se termine, encore un beau partage et déjà de nouveaux défis se profilent demain.

 

11 réflexions au sujet de « Patagonia »

  1. Merci Francis pour ce partage et quels beaux textes à nouveau ! Ils m’ont fait revivre ce voyage chilien, là bas à l’autre bout du monde, avec ses paysages à couper le souffle, ses lumières et ses ciels “à nuages dorés”, ses arcs en ciel et ses rafales de vent et surtout sa faune si peu craintive.
    Merci pour cette nouvelle découverte Francis et pour tes talents d’organisateur . Ce fut encore un “super voyage” . maman Puma et ses 4 petits dégustant un tatou sous un bosquet couleur d’automne resteront dans ma mémoire comme l’une des plus jolies images de félin de ma vie….

  2. Hi Francis, wonderful adventure. Great pictures and great write up. I’m so happy that you saw the Cougar and all the special animals of the Patagonia. You’re enjoying life King size. So happy for you

  3. Merci Francis de nous faire voyager à travers tes récits et tes magnifiques images que j’ai pu admirer en avant-première.
    Vivement le prochain voyage en Slovénie pour les ours, j’ai hate d’y être !!!

  4. Bonjour, merci à votre épouse de m’avoir donné l’adresse de votre site.
    Magnifique textes et photos sublimes.
    Un retour à soi, à la nature notre mère !

  5. Encore un superbe voyage (le troisième pour ce qui me concerne) réalisé avec Francis et sa bande,
    L’encadrement local est comme d’habitude impec, l’ambiance au sein de l’équipe très sympathique et les paysages sont époustouflants !
    Et bien évidemment, le fabuleux Puma, vu à de nombreuses reprises et …en famille !
    Merci Francis et à très bientôt
    Jacques

  6. Je suis fan ! De superbes photos et textes qui font rêver et nous donnent l’impression d’y être, merci Francis pour ta passion du voyage, des images et du partage !

  7. Toujours plus loin……avec Francis. Mon quatrième voyage en sa compagnie ! toujours très bien organisé, avec des guides compétents. Encore deux rêves réalisés ; visiter la Patagonie et épingler le puma à ma liste de félins pris en photo dans leur (superbe) environnement naturel. Encore une aventure que je n’oublierai pas !
    Merci Tiger Frantz
    Pat the cat

  8. Quelle poésie et quelles superbes photos qui nous font voler vers la pampa aux couronnes de glaciers et aux pics apparus rouges au premier matin à notre équipe d’anciens et nouveaux amis.
    Pays vaste, rude et fermé, au vent cinglant, au goût de maté comme celui que Rodrigo, notre guide compétent, faisait passer de l’un à l’autre.
    Au lointain, l’herbe jaune, les buissons de calafate, de mata gris, vert et noir, parmi les lacs immenses au reflet changeant, semblaient ne jamais vouloir livrer leurs secrets.
    Les condors passaient, indifférents, et les gracieux guanacos, au crissement aigu, en alerte, nous laissaient sur notre faim.
    Mais la ténacité des guides et notre propre volonté, nous ont permis d’observer le puma invisible à la démarche altière.
    Mais par-dessus tout, le Magellan du groupe a étendu son bras pour nous permettre d’avoir cette vision superbe d’une mère avec ses petits, d’être nous-mêmes scrutés par le félin aux yeux en triangle, parmi le flamboiement des hêtres nothofagus.
    Et quelles couleurs d’oiseaux, familiers à Jacques, nandous, loycas, perroquets australs, canards de Chiloé, des Bahamas, flamants, oies cauquen, et quel beau chant que celui du cygne coscoroba.
    Mais j’oublie le clown caracara!

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